Un chemin de la Retirada

Eloy

Eloy

Les auteurs :

Antonio Hernandez Palacios (1921 - 2000) a longtemps travaillé dans la publicité avant de se lancer dans la bande-dessinée et, comme ce madrilène était aussi peintre, on retrouve dans ses œuvres un goût prononcé pour la couleur.

La 4ème de couverture :

"L'idée d'ajouter un apport visuel aux vingt mille titres concernant la Guerre d'Espagne ne m'est pas venue toute seule. J'avais vécu cette guerre en couleur et ce n'est qu'en couleur qu'elle pouvait se cristalliser. En pleine bataille de Jarama, j'avais rencontré un tout jeune lieutenant qui m'avait impresionné par son courage et sa simplicité. Il s'appelait Eloy. Ça ferait un beau nom pour mon héros. Il lui resta. Eloy vivrait..."
Antonio Hernandez Palacios

Pourquoi j'ai aimé cet album ?

L'album s'ouvre sur une préface signée Palacios. L'auteur a vécu la guerre civile (il avait alors 15-18 ans) et il en a plus de 60 quand il réalise Eloy. Palacios a mis tant de lui-même dans cet album qu'on comprend tout à fait qu'il ait eu envie de nous présenter son héros. Mais il ne faut pas lire cette préface ! J'ai fait cette erreur et le regrette. Sorte de synopsis commenté, cette double page révèle trop de choses de l'intrigue et vous gâchera le plaisir de la découverte. A la place de l'éditeur, j'aurais déplacé ce texte à la fin de l'ouvrage. Le sachant, si vous avez de la curiosité pour les mots de l'auteur, gardez donc cette lecture pour plus tard.

Eloy, le personnage principal, est un tout jeune lieutenant du bataillon Victoria du 5ème régiment des milices. On le rencontre dès la première planche tandis qu'avec ses frères d'armes, il part pour Tolède. Son bataillon va y renforcer les troupes républicaines qui assiègent l'alcazar où se sont retranchés les militaires rebelles. Nous sommes en septembre 1936.

Palacios veut nous faire partager le quotidien de son héros. Alors sans répit, il déplace l'intrigue d'un lieu vers un autre, d'une bataille à une autre, d'un front à l'autre, comme un général déplacerait ses pièces sur une carte d'état-major. On finit par en avoir le vertige et à ne plus savoir quel mois on est (j'imagine que c'est précisément l'effet recherché) mais, comme notre héros, on ne lâche rien et on continue de croire qu'une victoire est possible, même une toute petite, allez juste pour le moral !

L'album s'achève à Casa de Campo, juste avant que ne s'engage la bataille pour Madrid. Là, au bas de la dernière case, la mention "fin du premier chapitre" indique au lecteur que l'aventure se poursuit...

Description : BD adulte. 1 volume (56 p.) en français, édité par Les Humanoïdes Associés, Collection Noire, 1981.

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